À la découverte de Carla Voute

Repérée grâce à sa meilleure amie, première mannequin d'une agence qui venait de naître, Carla Voute a depuis travaillé en Grèce, à Istanbul et en Corée du Sud. Pour Vendôme, elle revient sur ses débuts dans la mode.
Les débuts
Comment tout a commencé : où et comment avez-vous été repérée ?
Tout a commencé grâce à ma meilleure amie. Elle avait rencontré mon actuelle agente à l’occasion d’une discussion autour de leurs projets professionnels. Mon agente lui avait alors parlé de la création de son agence de mannequins, et elle a immédiatement pensé à moi. Elle m’en a parlé, et j’ai participé au casting en ligne dès son ouverture. J’ai été la première candidate à postuler, ce qui m’a permis d’échanger très rapidement en visioconférence avec celle qui allait devenir mon agente. Elle a ensuite fait le déplacement jusqu’à ma ville d’origine pour que nous puissions nous rencontrer.
Avec le recul, je trouve ça assez particulier que tout ait commencé de cette manière. Ma meilleure amie a toujours cru en moi et je suis vraiment heureuse que ce soit elle qui m’ait parlé de cette opportunité et qui m’ait permis de rencontrer mon agente. Il y a aussi quelque chose d’assez spécial dans notre relation, puisque j’étais la toute première mannequin de son agence. On a grandi un peu ensemble dans cette aventure et je pense que ça a créé un lien particulier entre nous. C’est une histoire qui a forcément beaucoup de sens à mes yeux.

Qu’avez-vous ressenti en signant avec votre première agence ?
Je me souviens avoir ressenti beaucoup de fierté. À l’époque, je voyais un peu cette signature comme l’aboutissement d’un rêve, alors qu’avec le recul, je comprends que ce n’était finalement que le début de l’aventure.
Il y avait quelque chose d’assez particulier dans ce moment : signer un simple contrat, quelques feuilles de papier, mais avoir le sentiment que quelque chose de très concret commençait enfin. C’était à la fois la fin d’une période où je me projetais beaucoup et le début d’une nouvelle dans laquelle j’allais réellement pouvoir me découvrir.
Votre tout premier casting : vous vous en souvenez ?
Très bien ! Je me souviens avoir passé beaucoup de temps à réfléchir à la tenue que j’allais porter, à la façon de me présenter et à l’image que je devais renvoyer. Je voulais vraiment faire les choses comme il « fallait », sans trop savoir ce que cela signifiait finalement.
Avec le temps, j’ai compris que le plus important était justement de ne pas chercher à correspondre à une image préétablie. Il vaut mieux montrer sa personnalité, s’affirmer et rester soi-même.
Les castings peuvent être assez impressionnants au début. On se retrouve face à beaucoup de filles, toutes différentes, avec chacune leur beauté et leur univers, et il est parfois difficile de ne pas se comparer. Mais en discutant avec d’autres mannequins, notamment à l’étranger, on réalise que nous partageons souvent les mêmes doutes et les mêmes appréhensions. On vit finalement des expériences assez similaires, et c’est quelque chose qui aide beaucoup à prendre du recul.
Qu’est-ce qui vous a le plus surprise dans ce métier, par rapport à ce que vous imaginiez ?
Sans hésiter, les rencontres. Je pensais que le mannequinat serait un milieu essentiellement compétitif, où chacune avancerait de son côté. J’ai découvert tout autre chose.
J’ai eu la chance de travailler et de voyager dans plusieurs pays, et j’y ai rencontré des personnes avec lesquelles j’ai créé de véritables amitiés. On partage beaucoup de choses, parfois pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, loin de chez soi. Il se crée naturellement des liens assez forts. C’est quelque chose que je n’avais absolument pas anticipé et qui fait aujourd’hui partie de mes plus beaux souvenirs.

Les moments forts
Quel a été votre shoot le plus atypique ?
Je pense à une campagne pour un hôtel en Grèce. Nous avons passé toute une journée sur un yacht, avec une équipe formidable. Le shooting était essentiellement composé de vidéos : nous avons fait du paddle, plongé dans l’eau et tourné dans différents endroits du bateau.
Je me souviens m’être dit à un moment que la situation était presque irréelle. Nous étions en plein été, en Grèce, sur un yacht, à vivre une journée qui ressemblait assez à une carte postale. Nous sommes même restés plusieurs jours sur place avec une partie de l’équipe. C’est typiquement le genre d’expérience que le mannequinat permet de vivre et que je n’aurais probablement jamais imaginé faire autrement.
Quelle campagne avez-vous préféré faire, et pourquoi ?
Je dirais mon shooting pour un magazine avec Bvlgari. C’est une maison que j’apprécie énormément. Je me souviens notamment de la fameuse montre Serpenti, que j’avais toujours admirée et que je m’étais promis de porter un jour.
Pouvoir la découvrir, la porter le temps d’une journée et repartir avec des images de cette expérience était assez particulier pour moi. C’était une marque que j’associais à quelque chose de très désirable, presque inaccessible, alors pouvoir y prendre part était une vraie satisfaction. Et la montre Serpenti reste d’ailleurs l’un de mes petits objectifs personnels ;)
La première fois que vous vous êtes vue sur un écran, ou sur une affiche, qu’est-ce que ça vous a fait ?
C’était à Séoul, et je crois que je m’en souviendrai toute ma vie.
J’étais partie faire du shopping avec des amies. Je savais que la campagne allait être affichée quelque part dans la ville, mais je ne savais ni exactement où ni à quel moment. En regardant les immenses écrans publicitaires sur les buildings, j’ai soudain reconnu mon bras sur l’une des affiches. J’ai d’abord eu du mal à réaliser, puis j’ai compris que c’était bien moi.
Je me suis mise à crier, à sauter partout, mes amies me filmaient et j’avais presque les larmes aux yeux. C’était un mélange de surprise, de fierté et d’émotion assez difficile à décrire. C’est un souvenir auquel je repense souvent, notamment dans les moments où je doute un peu. Il me rappelle le chemin parcouru et me rend fière de ce que j’ai déjà accompli.
Quelle a été votre plus belle rencontre depuis vos débuts ?
Je serais incapable d’en choisir une seule. Je pense surtout aux amitiés que j’ai construites à l’étranger, notamment en Grèce, à Istanbul et en Corée du Sud.
Ce sont des personnes avec lesquelles j’ai parfois vécu au quotidien pendant plusieurs mois. On apprend à se connaître très vite, on partage les mêmes expériences, les mêmes incertitudes, on se soutient et on finit par créer des liens assez forts. Ce que je trouve particulièrement intéressant, c’est que nous venons d’horizons très différents, avec des cultures, des habitudes et des modes de vie parfois opposés, mais que l’on arrive à se comprendre aussi facilement.
Ce sont des rencontres qui dépassent largement le cadre professionnel et que je sais que je garderai longtemps dans ma vie.
Un défilé ou une photo dont vous êtes particulièrement fière ?
Je pense à une série de photos réalisée en Grèce avec un photographe que j’apprécie beaucoup. Nous avions trouvé une immense piscine complètement vidée et abandonnée, juste avant la fin de l’été.
J’avais beaucoup aimé l’atmosphère du lieu et la spontanéité du shooting. Le photographe a eu une inspiration très immédiate en découvrant l’endroit, et nous avons réalisé les images en seulement quelques minutes. Le résultat était exactement ce que j’espérais, avec quelque chose d’assez singulier dans les photos.
J’aime particulièrement cette série parce que si l’été devait avoir une dernière scène, ce serait probablement celle-ci…
